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Justification de la Fondation ethecon - Éthique et Économie pour l’hommage rendu à Tomo Križnar (Slovénie), militant des droits de l’homme et de la paix, qui reçoit le Prix international ethecon Blue Planet Award 2014

Depuis l’année 2006, la Fondation ethecon - Éthique et Économie décerne chaque année deux prix internationaux: le Prix International Blue Planet Award et le Prix International Black Planet Award.

Le Prix International Blue Planet Award rend hommage à des hommes et des femmes qui se sont distingués par un engagement éminent pour la protection et la défense de l’éthique humaine dans la rencontre de l’éthique et de l’économie, contribuant ainsi à protéger et à sauvegarder la planète bleue.

Le Prix International ethecon Black Planet Award condamne quant à lui ceux qui foulent aux pieds l’éthique humaine dans la rencontre de l´éthique et de l’économie, créant pour la planète bleue un risque de ruine et de destruction, et menaçant d’en faire une « planète noire ».

Le Prix International Blue Planet Award et le Prix International Black Planet Award sont indissociables, comme les deux faces d’une même pièce. Ensemble, ils reflètent l’état de notre monde, en rendant hommage à l’engagement solidaire pour la protection de l’environnement, la justice et la paix tout en condamnant l’égoïsme, la cupidité et l’exploitation. Ils sont un appel à la résistance, au changement et à la mobilisation. Dans les deux cas, la Planète bleue représente le monde dans sa globalité, vivant et inanimé.

Suite à la procédure de recherche et de sélection pour les deux Prix Internationaux ethecon 2014, le curatorium et le comité directeur de la Fondation ethecon - Éthique et Économie font la déclaration suivante:
La Fondation entend distinguer par son Prix International Blue Planet Award des hommes et des femmes courageux, conséquents, incorruptibles et intègres, qui s’engagent pour la défense de la paix, de la justice et de l’écologie par la résistance civile, et sont prêts dans ce but à s’élever contre les normes et les lois en vigueur et à mettre leur propre vie en danger. Ces hommes et ses femmes illustrent ce qu’est le courage civique : la volonté de se battre pour la morale et l’éthique, pour les idéaux et les intérêts de l’humanité, sans craindre les inconvénients personnels. Ils veillent sur le concept fragile de l’éthique humaine, le nourrissent et le préservent. C’est à eux que l’humanité doit la sauvegarde de la paix, des droits humains, de la justice sociale et de l’environnement.
Les hommes et les femmes récompensés par le Prix International ethecon Blue Planet Award sont ceux qui luttent, dans un monde de plus en plus gouverné par le seul profit, contre les puissances qui bafouent les aspirations de l’humanité à vivre dans la justice, la paix et un environnement intact, au mépris de ses conditions de vie. Souvent persécutés et marginalisés, ces hommes et ces femmes voient parfois même leur existence, leur santé, et leur vie menacées. C’est pourquoi ils ont besoin de notre soutien et de notre solidarité.
En ce sens, le Prix annuel international ethecon Blue Planet Award constitue un appel à l’engagement pour la paix, la justice et la protection de l’environnement. Avec son pendant, le Black Planet Award, il entend sensibiliser l’opinion publique, mettre en lumière les rapports de force et les responsabilités, et mobiliser la résistance contre la destruction de l’environnement, la guerre et l’injustice.
Chaque année en février, la Fondation lance un appel international à propositions pour les candidats aux deux prix. La procédure de sélection dure jusqu’au mois d’août, et la Fondation désigne alors les lauréats.
Le Prix International ethecon Blue Planet Award 2014 est décerné au militant de la paix slovène Tomo Križnar.
 
Le curatorium et le comité directeur d’ethecon résument ainsi leur décision:
Le militant de la paix, réalisateur et journaliste Tomo Križnar est distingué par le prix ethecon Blue Planet Award 2014 pour son engagement exemplaire et courageux en faveur de la solidarité, de l’éthique, et de la sauvegarde de notre planète bleue. Pour justifier leur décision, le curatorium et le comité directeur citent les activités et engagements suivants de Tomo Križnar:

Ayant eu très jeune l’intuition que notre société de consommation reposait sur l’exploitation, Tomo Križnar a entrepris de voyager à travers le monde afin de découvrir de nouveaux modes d’existence et de les cultiver. Au cours de ses voyages, il a constaté que les ethnies qui se tenaient à l’écart de la société consumériste étaient menacées dans leur existence même par le fonctionnement d’un monde guidé par la soif de ressources. Au début des années 80, il a renoncé à une carrière prometteuse dans la plus grande entreprise d’électronique de son pays, qui était à l’époque encore la Yougoslavie, pour mettre son talent journalistique d’auteur, de réalisateur et de photographe au service d’un combat contre les dérives qui menacent la vie humaine.
Depuis 1979, il se rend au Soudan, et participé aux efforts pour mettre fin à la guerre civile qui ravage ce pays. Il partage la vie des ethnies locales, auprès desquelles il apprend une conception différente du monde et de l’existence. Il a développé une grande admiration pour la sagesse et l’aspiration à la paix de ces hommes et de ces femmes.
En 2006, il a été nommé par le Président slovène Janez Drnovšek émissaire spécial au Darfour (Soudan), avec pour mission de témoigner des conditions de vie dans cette région. À son arrivée sur place, il a été jeté en prison.
Il a été arrêté pas moins de six fois au cours de ses interventions au Soudan. Cela ne l’a pas empêché de poursuivre ses voyages dans les zones en guerre du pays et de continuer à s’engager pour la paix et pour le droit à la vie des populations de ces régions.
Il a alerté des organismes de défense des droits humains, l’Union européenne, des instances gouvernementales américaines et d’autres organisations. Dans un film documentaire achevé en 2008, « Darfur - War for Water », il a démontré que, derrière les apparences, le conflit au Soudan était avant tout guidé par une lutte pour le pouvoir sur les ressources en pétrole, en terres et en eau. Ce film fait partie du projet « Safe-Keeping Darfur », financé par la Fondation « Cinema For Peace » et par la fondation humanitaire H.O.P.E., créée par Tomo Križnar.
Avec des fonds levés par la Fondation « Cinema For Peace », Tomo Križnar a acheté des mini-caméras, pour apporter au moins un espoir au peuple Nouba menacé par le conflit : il leur a donné la possibilité de documenter eux-mêmes les exactions, attaques armées, viols et assassinats dont ils étaient victimes, et de s’adresser directement au grand public par la diffusion de ces images. De ces documents bouleversants est né le documentaire « Eyes And Ears Of God » (2012). Lorsqu’on a refusé la projection du film dans le cadre du festival « Cinema For Peace », Tomo Križnar a protesté par une distribution de tracts et a organisé une projection de la bande-annonce de son film en extérieur, sur la paroi d’un camion, pendant que les invités prestigieux du festival, parmi lesquels Angelina Jolie, passaient sur le tapis rouge.
Actuellement, Tomo Križnar a équipé un camion avec du matériel de forage de puits et compte l’acheminer dans les zones en guerre, pour que les personnes fuyant continuellement les conflits puissent accéder à l’eau. Par ailleurs, il souhaite utiliser des drones d’observation pour tenter de réduire les attaques contre les populations civiles. Dans le même temps, il s’oppose à l’utilisation de drones de combat pour des attaques ciblées contre des personnes par les puissances occidentales.
Son engagement pour l’humanité repose sur une ferme croyance dans la paix. Il promeut un vaste programme pour la protection des ethnies menacées. En donnant aux personnes concernées la possibilité de mettre en lumière leur situation par des photos et vidéos qu’elles réalisent elles-mêmes, il leur offre un pouvoir d’action, leur restitue une souveraineté, une identité, un nom, un visage, et de la dignité. Il se bat contre les menaces de mort et le génocide perpétrés au Soudan par le propre gouvernement de ce pays. Les protagonistes du conflit poursuivent avidement leur course aux ressources en terres, en eau et en hydrocarbures, en justifiant leurs actions par des discours racistes. Tandis que les grandes puissances livrent des armes, tolèrent le génocide et commercent avec les responsables, Tomo Križnar s’efforce de donner un visage à la fois aux victimes et aux bourreaux. Ses interventions et ses caméras les font sortir de l’ombre pour les dévoiler au grand public. Il expose et dénonce les responsables, dans un combat digne de David contre Goliath.
« Pourquoi distribuer des caméras plutôt que des armes? », lui a-t-on demandé. « Parce que la violence n’est jamais la solution. » La violence engendre la violence et ne règle en rien les problèmes de fonds. Grâce à sa vision d’une cohabitation pacifique sur une planète intacte et à son appui à la résistance contre l’exploitation, la guerre et l’oppression par la diffusion d’informations, la solidarité et le respect de la personne humaine par-delà les frontières, Tomo Križnar renforce directement le pouvoir d’action des populations civiles au Darfour, dans la région des monts Nouba et du Nil Bleu. Tomo Križnar s’engage auprès de ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes. Il est guidé par une conviction: « le changement plutôt que la charité ». Il ne mène pas une action humanitaire, mais se met en danger pour dénoncer les errements d’un système guidé par le profit, et se bat activement contre la faim, la guerre et la misère. Il appuie là où ça fait mal, et dénonce sans ménagement l’avidité de ceux qui, dans une course sans fin aux richesses et aux ressources, s’accommodent de la souffrance et de la mort d’êtres humains comme de la ruine de l’environnement.
 
Le curatorium et le comité directeur de la Fondation ethecon - Éthique et Économie font la déclaration suivante :
Au mépris de sa propre sécurité, Tomo Križnar défend la vie humaine et se bat contre la destruction de l’environnement, l’exploitation et la guerre. Il défend non seulement la paix et les droits de l’homme, mais également le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il agit pour le bien de la communauté humaine et de l’environnement. Il défend la morale et l’éthique et s’oppose à l’avènement de la « planète noire ».
Dans un monde où les décisions et les évolutions sont de plus en plus souvent gouvernées par l’unique critère du profit, ethecon voit dans l’action de Tomo Križnar une contribution remarquable à la sauvegarde de notre planète bleue. Pour cette admirable démonstration de valeurs humaines, la Fondation ethecon - Éthique et Économie décerne à Tomo Križnar le Prix International ethecon Blue Planet Award 2014.
 
Lors du gala officiel qui se tiendra à Berlin, le Prix International ethecon Blue Planet Award 2014 sera remis au militant de la paix et des droits de l’homme Tomo Križnar, et le Prix International ethecon Black Planet Award 2014 sera décerné à Andrew N. Liveris (président du directoire), James M. Ringler (membre du directoire) ainsi qu’aux grands actionnaires du groupe DOW CHEMICAL. La date de la remise des prix n’est pas encore connue.
 
Berlin, Journée internationale de la paix, 21 septembre 2014

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